Le signal budgétaire : l’État engage la machine pour l'installation du Sénat
L’inscription de 100 millions FCFA dans la loi de finances rectificative 2026 est plus qu’un détail comptable. C’est le premier engagement financier officiel de l’Exécutif pour le Sénat, créé par la révision constitutionnelle de décembre 2025. Le gouvernement Romuald Wadagni acte ainsi le déploiement institutionnel, après un retard sur le calendrier initial qui prévoyait l’installation avant l’investiture présidentielle.
100 millions, pour quoi faire? Le périmètre est strict
L’enveloppe est 100% classée en « dépenses de transfert ». Traduction : elle servira uniquement aux besoins matériels et logistiques d’installation. Aménagement et mise en accessibilité des futurs locaux. À ce stade, zéro franc pour le personnel administratif, zéro pour le fonctionnement courant, et rien pour les indemnités des futurs sénateurs.
Ce qui manque : le décret, clé de voûte
Le traitement des salaires, avantages et charges courantes est conditionné à un futur décret d’application en Conseil des ministres. Tant qu’il n’est pas pris, le Sénat reste une coquille : des murs, mais pas d’activité parlementaire. C’est le prochain verrou politique et juridique.
Le cadre constitutionnel prévoit au minimum 25 membres : anciens hauts responsables de l’État, personnalités des institutions publiques, forces de défense et de sécurité. Compétences affichées : vie politique nationale et préservation de l’unité nationale. Une chambre de sages et d’expérience, pensée comme garde-fou institutionnel.
En définitive, le Sénat n’est plus un projet. Avec 100 millions, il devient un chantier. Mais sans décret d’application, il ne sera pas encore une institution qui fonctionne.
Ibourahim Abdou Gibril