Cette croissance spectaculaire n’est pas un simple accroissement des moyens. Elle révèle un changement de cap stratégique : l’investissement devient la clé de voûte du développement du sous-secteur. Les dépenses en capital représentent désormais près de 59 % du budget, un virage puissant lorsqu’on sait qu’elles ne pesaient qu’un peu plus de 30 % en 2025. Pendant ce temps, les dépenses de fonctionnement restent stables, tandis que la charge salariale, bien qu’importante, se stabilise par rapport aux années précédentes. Le ratio personnel/fonctionnement affiche même un léger recul, signe d’une gestion plus optimisée. À cela s’ajoute une participation extérieure remarquable, représentant presque la moitié du financement global, preuve de la confiance des partenaires dans la stratégie nationale. Cette nouvelle capacité financière arrive dans un contexte où les priorités sont clairement identifiées : renforcer les ressources humaines, consolider les fondements stratégiques, moderniser la gouvernance et étendre les infrastructures. Le ministère entend ainsi améliorer l’efficacité interne des établissements, la qualité des enseignements dispensés et l’équité dans l’accès à la formation. Les efforts porteront aussi bien sur le recrutement et la formation des enseignants que sur la montée en compétences des personnels d’appui. La professionnalisation de la chaîne éducative devient un pilier central.
Les réformes déjà engagées se poursuivent également avec détermination. La Stratégie Nationale de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels reste un cadre majeur d’action, tandis que la Stratégie de l’Enseignement Secondaire Général devrait être adoptée en Conseil des ministres. Ces orientations constituent le socle des transformations en cours, notamment en matière d’organisation territoriale, de gouvernance administrative et de gestion numérique. Sur le terrain, plusieurs chantiers structurants marqueront l’année. La finalisation du Lycée Technique Professionnel de Bohicon à Sodohomè s’inscrit dans une volonté d’offrir des infrastructures modernes adaptées aux besoins de la formation professionnelle. Le renforcement des systèmes d’information, la mise aux normes des installations numériques, l’actualisation des outils de pilotage et la consolidation des capacités opérationnelles des services déconcentrés traduisent une avancée vers une administration éducative plus performante. Des actions ciblées viendront également renforcer l’équité et l’éducation des adultes, notamment à travers le soutien aux centres d’alphabétisation, l’équipement adéquat des structures de formation, ainsi que des appuis directs aux apprenants, tels que les bourses destinées aux meilleurs lauréats du CEP.
Avec une hausse aussi spectaculaire de ses crédits, le sous-secteur des enseignements secondaire, technique et professionnel se trouve désormais dans une position comparable à celle d’une fusée dont on aurait rempli le réservoir au maximum. Les ressources sont là, puissantes, inédites, capables de propulser une transformation profonde et durable. L’année 2026 sera donc celle de la consolidation et de l’accélération, avec une ambition claire : faire de ce sous-secteur un pilier décisif du développement économique et social du Bénin.