De Parakou à Cotonou, en passant par Djougou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, Lokossa ou encore Abomey, les grandes villes du pays ont vibré, vendredi dernier, au rythme des caravanes politiques. L’objectif est clair : mobiliser massivement les populations en faveur du duo présidentiel à quelques semaines du scrutin. En effet, dans le département du Zou, la mobilisation a pris une dimension spectaculaire. Des milliers de citoyens ont pris d’assaut les rues, brandissant affiches et messages de soutien. Organisée en deux grandes processions reliant Bohicon à Abomey, la caravane a traversé plusieurs quartiers dans une ambiance festive, mêlant chants, danses et klaxons. Point d’orgue de cette mobilisation, un rassemblement sur la place Goho, au pied de la statue de Béhanzin, symbole historique fort. Les organisateurs y ont réaffirmé leur ambition : faire du Zou le département du plus fort taux de participation au scrutin du 12 avril.
Représenté pour l’occasion par l’ambassadeur Gildas AGONKAN, le duo WADAGNI-TALATA a vu ses soutiens appeler à une mobilisation de proximité, avec une stratégie de quadrillage des neuf communes du département, de Agbangnizoun à Zogbodomey. Même dynamique dans la ville de Lokossa où les rues ont été envahies par une marée humaine. La caravane, à la fois pédestre et motorisée, a parcouru les axes stratégiques de la ville dans une ambiance mêlant slogans politiques et chants patriotiques. Du siège de la fondation Nestor WADAGNI à la Maison du peuple, en passant par plusieurs carrefours emblématiques, la mobilisation a culminé avec un grand concert populaire. Sur scène, la légende de la musique béninoise SAGBOHAN Danialou a galvanisé militants, sympathisants et curieux, dans une atmosphère électrique traduisant une adhésion visible au projet politique du duo. Partout, les mouvements de soutien affichent la même détermination : investir les quartiers, les villages et les ménages pour porter le message du duo WADAGNI-TALATA. Cette mobilisation tous azimuts traduit une stratégie claire de proximité et d’ancrage local, où chaque voix compte.
Dans ce contexte de forte mobilisation autour du duo de la mouvance, la situation du candidat de l’opposition Paul HOUNKPÈ suscite interrogations et commentaires. Entre marginalisation politique et déficit de visibilité sur le terrain, certains observateurs évoquent une forme d’isolement qui interroge sur la capacité réelle de l’opposition à peser dans cette élection. Faut-il y voir une conséquence stratégique d’un rapport de force déséquilibré, ou le résultat d’un manque d’ancrage populaire et organisationnel ? La question reste ouverte. Mais une chose est certaine : dans une campagne marquée par des démonstrations de force et une occupation méthodique de l’espace public, toute absence ou faible présence se traduit, dans l’opinion, par une perception de recul, voire d’effacement politique.
À travers ces caravanes et manifestations populaires, les soutiens du duo entendent non seulement marquer leur présence, mais aussi impulser une dynamique de participation massive. Une bataille de terrain désormais pleinement engagée, où l’adhésion populaire et la capacité de mobilisation seront des facteurs déterminants à l’approche du scrutin du 12 avril.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU