Les travaux se poursuivent les 6 et 7 octobre à l’hôtel Amazone de Bohicon. Ils réunissent les députés membres de la C4, présidée par la Professeure Éléonore YAYI LADÉKAN. L’initiative est cofinancée par l’Assemblée Nationale et l’ONG APRETECTRA, avec l’appui de l’Institut Parlementaire du Bénin (IPaB). L’objectif affiché dépasse la simple familiarisation avec le fonctionnement d’une commission parlementaire. Il s’agit pour les élus de mieux maîtriser leurs attributions, d’affiner leurs méthodes de travail et de définir les priorités de la C4 pour la mandature 2026-2033.
Mieux outiller les députés pour légiférer et contrôler
À l’ouverture, Éléonore YAYI LADÉKAN a salué l’accompagnement du Président de l’Assemblée Nationale, du bureau de l’institution et de la conférence des présidents. Elle a également exprimé sa reconnaissance à l’ONG APRETECTRA pour son soutien financier ainsi qu’à l’IPaB. La Présidente de la C4 a expliqué que le séminaire vise à optimiser l’action parlementaire dans les domaines de l’éducation et de la santé des jeunes. Les échanges doivent notamment permettre aux députés de mieux maîtriser le cadre juridique et le règlement applicable aux commissions, de renforcer leurs capacités dans l’examen des projets et propositions de loi et dans le contrôle de l’action gouvernementale. Les techniques d’audition et de traitement des dossiers figurent également au programme. À terme, les participants doivent parvenir à structurer la feuille de route de la commission pour les années à venir. Cette démarche doit permettre à la C4 de disposer d’une meilleure lecture de ses responsabilités et de renforcer l’efficacité de son intervention sur les politiques publiques relevant de son champ de compétence.
Les filles dans les lycées agricoles au cœur des préoccupations
Deux sujets occupent une place particulière dans les travaux : l’insertion durable des jeunes filles dans les lycées agricoles et la pérennisation du Programme national d’éducation à la santé sexuelle. Sur le premier dossier, la commission entend examiner les leviers susceptibles de favoriser le maintien et l’insertion des filles dans l’enseignement agricole technique. L’enjeu est notamment d’identifier les mécanismes législatifs et budgétaires permettant de soutenir durablement cette orientation. Éléonore YAYI LADÉKAN a insisté sur la nécessité pour la commission de s’appuyer sur des données probantes afin de mieux exploiter les outils dont dispose le Parlement. Une approche également défendue par Reine Bossa, directrice exécutive de l’ONG APRETECTRA. Elle a souhaité que les réflexions engagées à Bohicon débouchent sur des engagements institutionnels et, lorsque cela sera nécessaire, sur des textes législatifs favorables au maintien des jeunes filles dans l’enseignement agricole technique.
DJOGBÉNOU encourage la formation des membres des commissions
Présidant la cérémonie d'ouverture, Joseph Fifamin DJOGBÉNOU a salué le choix de la C4 de consacrer une session spécifique à la formation et à l’appropriation de ses attributions. Pour le Président de l’Assemblée Nationale, la démarche permet aux parlementaires de mieux cerner leur rôle et de donner davantage de cohérence à leur action. Il a notamment rappelé que le règlement intérieur de l’institution prévoit que la première année de la mandature soit consacrée à la formation des députés. « Je remarque, à l'occasion de ce séminaire, que vous êtes en train d'atteindre vos objectifs », a-t-il déclaré, avant d’insister sur la nécessité pour les élus de « savoir qui on est, savoir pourquoi on est là, savoir ce que l'on doit faire » et de s’engager dans la réalisation des objectifs fixés. Cette formation, a-t-il rappelé, intervient dans le prolongement de plusieurs séminaires déjà organisés à l’intention de l’ensemble des députés. Elle se poursuit désormais au niveau des commissions, avec une approche davantage adaptée aux domaines d’intervention de chacune.
Une convergence autour de l’inclusion des femmes
Joseph Fifamin DJOGBÉNOU a également exprimé la reconnaissance de l’Assemblée nationale à l’ONG APRETECTRA pour son engagement dans les questions liées au développement humain durable. Le Président de l’institution a relevé une convergence entre les préoccupations portées par l’organisation et celles de la commission parlementaire, notamment en matière d’inclusion des jeunes filles et de santé sexuelle. Avant de lancer officiellement les travaux, il a par ailleurs établi un lien entre les priorités retenues par la C4 et la vision portée par les groupes parlementaires soutenant l’action du gouvernement. Il a rappelé que l’inclusion des femmes constitue l’une des orientations mises en avant par le régime en place, avec l’accent placé sur leur accès à l’enseignement, à la formation et à l’emploi.
Au-delà de la formation des députés, le séminaire de Bohicon apparaît ainsi comme une étape de préparation du travail de la C4 pour la mandature 2026-2033. La commission devra désormais traduire les enseignements de ces deux journées en priorités législatives, en actions de contrôle et en propositions susceptibles d’accompagner les politiques publiques dans les secteurs de l’éducation, de l’emploi et de la santé des jeunes.
Grant-Aniel BOLARIAN