Selon les chiffres issus de la compilation exhaustive des résultats sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora, le duo WADAGNI-TALATA a obtenu 4 575 449 voix, soit 94,27 % des suffrages valablement exprimés. Face à eux, leurs challengers, le duo conduit par Paul HOUNKPÈ et Rock Judicaël HOUNWANOU, n’ont recueilli que 278 297 voix, soit 5,73 %. Ce score largement supérieur à la majorité absolue requise (fixée à 2 426 874 voix) permet ainsi au duo vainqueur d’être proclamé élu dès le premier tour, évitant un second scrutin. La Cour Constitutionnelle a également relevé un taux de participation de 63,57 %, traduisant une mobilisation notable du corps électoral. Sur les 7 897 287 électeurs inscrits, 5 020 401 votants ont été recensés, confirmant l’intérêt des citoyens pour ce rendez-vous démocratique majeur.
Des irrégularités relevées, mais sans impact décisif
Dans son analyse minutieuse des procès-verbaux et documents électoraux issus des 17 463 postes de vote répartis dans 546 arrondissements, la haute juridiction a identifié plusieurs irrégularités : absence de certains documents, défauts de signature, incohérences chiffrées ou encore cas isolés de bourrages d’urnes. Toutefois, ces manquements, ayant conduit à l’annulation ou au redressement de 34 596 voix, ont été jugés non susceptibles d’altérer la sincérité, la transparence et la crédibilité globale du scrutin. En conséquence, la Cour a déclaré l’élection régulière.
Conformément aux dispositions constitutionnelles, cette proclamation demeure provisoire et ouvre un délai de cinq jours aux candidats pour introduire d’éventuels recours devant la Cour constitutionnelle. En l’absence de contestation ou après examen des recours, les résultats seront définitivement validés. Avec cette victoire sans équivoque, Romuald WADAGNI s’impose comme la nouvelle figure centrale du pouvoir exécutif béninois, aux côtés de Mariam Chabi TALATA. Ce scrutin marque ainsi un tournant décisif dans l’histoire politique récente du Bénin, caractérisé par une consolidation du pouvoir autour d’un leadership fortement plébiscité. Le Bénin envoie, à travers ce scrutin, un signal fort sur la continuité de son processus électoral, malgré les critiques et les tensions qui ont pu entourer cette échéance.
À suivre : les réactions de la classe politique nationale et de la communauté internationale, ainsi que les éventuels recours déposés dans les prochains jours.
Tchékpémi Jacque AHOUANSOU