Plus d’un millier de Béninois vivant au Nigéria ont répondu à l’appel, dans une ambiance marquée par l’engagement et la ferveur militante. En organisant ce géant meeting en terre nigériane (Gbadagri) les responsables du BUS entendent : sensibiliser, convaincre et mobiliser la diaspora béninoise vivant au Nigéria en faveur du duo Romuald WADAGNI - Mariam CHABI TALATA à quelques jours du scrutin présidentiel du 12 avril prochain. Au cœur des échanges, un message central: la diaspora constitue un levier électoral incontournable. Si elle ne vote pas directement en masse sur le territoire, son influence sur les familles restées au pays demeure déterminante.
« C’est vous qui orientez les votes dans vos familles respectives au village », a martelé le Coordonnateur National de BUS, Christian YENOUSSI. Un appel clair à transformer chaque participant en ambassadeur électoral auprès de ses proches au Bénin. Dans cette logique, les participants ont été exhortés à multiplier les contacts avec leurs familles, afin de les inciter à se rendre massivement aux urnes le 12 avril. Le vote est ainsi présenté non seulement comme un droit civique, mais comme un acte patriotique fondamental dans la construction nationale.
Au-delà de la mobilisation politique, ce meeting a eu un effet symbolique fort : celui de reconnaître et de valoriser la diaspora béninoise du Nigéria, souvent en marge des grandes campagnes électorales. Pour HOUNNOU Jules, Président de l’ONG Diaspo-Bénin, cette initiative représente une opportunité unique : « BUS est une chance grâce à laquelle nous avons accès à des informations objectives et authentiques sur le candidat et son projet de société ». Les participants, eux, ont salué une démarche « inédite », appelant à la pérennisation de ce type de rencontres à travers des cadres réguliers de causeries-débats.
Derrière cette offensive, une stratégie clairement assumée par BUS : occuper les espaces que le candidat lui-même ne peut couvrir en raison des contraintes de la campagne. « Nous avons compris que le candidat ne peut pas parcourir toutes les villes du Bénin et toutes les diasporas en deux semaines. Nous avons donc décidé d’aller là où il ne peut aller », a expliqué Christian YENOUSSI. Une approche qui traduit une professionnalisation croissante des dynamiques de soutien politique, désormais structurées autour de relais décentralisés.
Des engagements fermes pour le 12 avril
À l’issue du meeting, les participants ont pris un engagement clair : se mobiliser massivement et relayer les consignes auprès de leurs familles au Bénin. Un engagement renforcé par les assurances des responsables communautaires. ADANKLOUNON Cyrille, Président de la Fédération des Béninois du Nigéria, a promis de veiller à la diffusion des messages et à la mise en œuvre des stratégies définies. Même détermination du côté de Christophe Sossou AGNINGBAN, Représentant des Béninois de l’État de Lagos, qui a réaffirmé la volonté de mobiliser largement les compatriotes. Contrairement à certains discours triomphalistes, la plateforme BUS affiche une posture prudente. Pour ses responsables, rien n’est acquis d’avance. Cette lucidité stratégique se traduit par une intensification des actions de terrain, y compris hors des frontières nationales.
Avec ce meeting au Nigéria, la plateforme BUS redéfinit les contours de la mobilisation électorale béninoise. En intégrant pleinement la diaspora dans sa stratégie, elle ouvre un nouveau front politique où influence sociale et engagement citoyen se conjuguent. Une certitude s’impose :la bataille ne se joue plus uniquement sur le territoire national, mais aussi dans les communautés béninoises à l’étranger, devenues des acteurs silencieux mais décisifs du vote.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU