Face à l’émotion suscitée au sein de l’opinion, le Ministre des Affaires Étrangères a tenu à rétablir les faits et à rappeler la position constante du Bénin sur cette question hautement symbolique. Contrairement aux interprétations hâtives, le Bénin n’était nullement en retrait sur ce dossier. Au contraire, le pays s’était engagé en amont en qualité de co-sponsor de la résolution dès le 17 mars 2026. Un positionnement diplomatique fort, qui traduit, selon l’autorité ministérielle, « sans aucune ambiguïté » l’adhésion du Bénin aux principes défendus par ce texte. Au-delà de ce cadre onusien, cet engagement s’inscrit dans une politique plus large de valorisation de la mémoire afro-descendante. Le Bénin s’est illustré ces dernières années par des initiatives concrètes, notamment l’adoption en juillet 2024 d’une loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine. Le pays continue également de préserver et de promouvoir ses sites historiques emblématiques, à l’image de Porte du Non-Retour, haut lieu de mémoire de la traite négrière.
S’agissant de l’absence lors du vote du 25 mars, le chef de la diplomatie béninoise évoque un dysfonctionnement administratif interne survenu dans un contexte particulier. La période électorale en cours, combinée à son absence de Cotonou, n'aurait pas permis de transmettre à temps les instructions nécessaires au représentant permanent du Bénin auprès de l'Organisation des Nations Unies. Une situation qui, selon le Ministre, ne reflète en rien la position de fond du pays. « Autrement, notre ambassadeur aurait pris part au vote et exprimé notre adhésion formelle », a-t-il précisé.
Conscient de la portée diplomatique de cet incident, le Bénin a rapidement procédé à une régularisation. Dès le 27 mars, une notification officielle exprimant son intention de vote favorable a été transmise au Secrétariat de l’Assemblée Générale. Cette démarche a été consignée dans le procès-verbal officiel de la séance, actant formellement la position du Bénin en faveur de la résolution. Au-delà de cet épisode, les autorités béninoises réaffirment leur détermination à défendre, sur la scène internationale, les intérêts et la mémoire des peuples africains et afro-descendants. Le pays entend poursuivre son engagement dans toutes les enceintes multilatérales, afin que la mémoire de la traite transatlantique demeure vivante et que les leçons de l’histoire continuent d’éclairer les générations futures.
Ainsi, le Bénin se positionne ainsi comme un acteur engagé, soucieux de conjuguer devoir de mémoire et responsabilité diplomatique surtout dans un contexte international où les questions mémorielles et identitaires occupent une place croissante.
Cadnel ADEBAYO