À trois semaines de l’élection présidentielle, le ministre de l’Économie et candidat de la majorité, Romuald Wadagni, a présenté, samedi 21 mars à Cotonou, les grandes lignes de son programme devant des milliers de personnes réunies au Palais des Congrès. À 49 ans, dauphin du président Patrice Talon, il est candidat à la succession dans un contexte politique tendu, marqué par des enjeux économiques, sociaux et sécuritaires.
Dans son intervention, Romuald Wadagni a d’abord mis en avant le bilan du dernier mandat, affirmant que le pays aurait dépassé le seuil de 7 % de croissance “l’année passée”. Inscrivant sa candidature dans une dynamique de continuité, il a ensuite détaillé son ambition de restructurer le développement à travers la mise en place de six régions, où seraient encouragés des secteurs clés tels que l’industrie, le tourisme, l’innovation et l’agriculture. Cette dernière occuperait, selon ses propos, une place centrale dans l’économie, puisqu’elle représenterait environ 25 % du PIB.
L’une des priorités affichées par le candidat concerne la jeunesse , dans un pays où plus de la moitié de la population aurait moins de 30 ans. Sur ce point, Romuald Wadagni a insisté sur une stratégie de promotion du numérique et de la technologie, promettant la création d’un écosystème permettant aux jeunes, partout dans le pays, de se former, d’être encadrés et de valoriser leurs compétences. Il a ainsi évoqué un projet visant à faire du Bénin un "pays exportateur de solutions technologiques”.
Sur le plan politique, l’élection du 12 avril devrait, d’après le calendrier électoral évoqué dans son discours, se limiter à un duel. Le candidat de la majorité n’aurait en face que Paul Hounkpè, des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), présenté comme modéré. En revanche, le principal parti d’opposition, Les Démocrates serait exclu du scrutin faute d’un nombre suffisant de parrainages.
Au-delà des questions intérieures, Romuald Wadagni a également abordé les relations avec les pays voisins, en plaidant pour une coopération renforcée. Sa prise de parole intervient dans un climat sécuritaire difficile : le Bénin subit, depuis plusieurs années, dans sa partie nord, des attaques jihadistes attribuées à des groupes venus de zones sahéliennes. Plus récemment, le pays a connu une tentative de coup d’État en début décembre, déjouée avec l’aide du Nigeria et de la France.
En présentant son programme, le ministre de l’Économie a voulu donner l’image d’une feuille de route “structurée”, centrée sur le développement, la technologie et la jeunesse, tout en affichant une réponse aux défis sécuritaires. Pour ses soutiens, cette démarche s’inscrit dans la logique d’une continuité politique. Pour les électeurs, la question sera désormais de savoir comment ces orientations se traduiront concrètement sur le terrain, à quelques semaines du vote.
Ibourahim Abdou Gibril