Placée sous l’égide du Ministère de la Justice et de la Législation, cette action fait suite à une décision de justice autorisant la destruction pure et simple de ces produits jugés dangereux. Provenant de divers réseaux de trafic démantelés, les médicaments ont été acheminés sous haute surveillance vers le site de Ouèssè, dans le département de l’Atlantique, où ils ont été méthodiquement réduits en cendres. Le convoi, escorté par les forces de sécurité, a mobilisé un important dispositif logistique. Sur le site d’incinération, sapeurs-pompiers et officiers de police judiciaire ont assuré un contrôle rigoureux de l’opération, garantissant une destruction totale des produits saisis. Supervisant personnellement les opérations, Florent GNANSOMON a salué une intervention « conforme aux exigences judiciaires et sanitaires », traduisant la volonté de l’État d’agir avec méthode et responsabilité.
Toutefois, les autorités précisent que cette phase concerne exclusivement les médicaments. La destruction des stupéfiants saisis est reportée à une date ultérieure. Ce décalage s’explique notamment par les contraintes liées au calendrier électoral en cours, ainsi que par la forte mobilisation des forces de sécurité engagées dans les opérations électorales à l’échelle nationale. Au-delà de son ampleur, cette incinération massive revêt une portée symbolique et stratégique. Elle témoigne d’une détermination accrue à éradiquer les réseaux de distribution de médicaments de contrebande, dont les produits, souvent de qualité douteuse, exposent les populations à des risques sanitaires majeurs.
Créée en 2022, l’Agence Nationale de Recouvrement des Avoirs Confisqués et Saisis s’impose aujourd’hui comme un acteur clé dans la lutte contre la criminalité économique. Chargée de la gestion, de la valorisation et de la cession des biens saisis ou confisqués, elle intervient également en appui aux juridictions pour l’identification et l’administration des avoirs criminels. Son champ d’action couvre notamment le recouvrement des fonds au profit de l’État et le renforcement des capacités des acteurs judiciaires en matière de saisies pénales. À travers cette opération spectaculaire, les autorités béninoises entendent adresser un message sans ambiguïté aux trafiquants : aucune tolérance ne sera accordée aux activités qui compromettent la santé publique et fragilisent le système pharmaceutique national.
Cette action s’inscrit dans une dynamique globale de sécurisation des circuits de distribution des médicaments au Bénin, avec un objectif clair : protéger durablement les populations contre les dangers des produits pharmaceutiques illicites et restaurer la confiance dans le système de santé.
Grant-Aniel BOLARIAN