Réduire les coûts et moderniser les procédures
Au cœur des échanges figure la nécessité de revoir un système dont le concours classique a longtemps constitué le principal mode d’accès aux emplois publics. Si ce mécanisme repose sur des principes d’égalité, de transparence et de mérite, les évolutions de l’environnement administratif, économique et technologique conduisent aujourd’hui à s’interroger sur son adaptation aux besoins de l’État.
L’un des objectifs affichés est de réduire les dépenses supportées par les candidats lors des procédures de recrutement. Cette orientation vise notamment à limiter les obstacles financiers susceptibles de décourager certains jeunes diplômés désireux d’intégrer l’administration. La réforme envisagée doit également permettre de simplifier les procédures, de réduire les délais et de mieux anticiper les besoins en personnel des différentes administrations. L’ambition est de dépasser une logique de remplacement des agents pour privilégier une planification plus cohérente des emplois et des compétences à moyen et à long terme.
Attirer des profils adaptés aux nouveaux besoins de l’État
La transformation numérique et l’apparition de nouveaux métiers imposent également une évolution des profils recherchés par l’administration. Les compétences en analyse des données, en intelligence artificielle, en transition énergétique et en ingénierie de projet figurent parmi les domaines susceptibles de répondre aux besoins émergents du service public. Pour les autorités, il devient nécessaire de renforcer l’attractivité de la fonction publique face à la concurrence du secteur privé, tout en tenant compte du vieillissement de certains corps de métiers et des mutations technologiques. L’enjeu consiste à faire correspondre davantage les recrutements aux missions des administrations et aux compétences nécessaires à leur accomplissement.
À l’ouverture des travaux, Victorin HONVOH, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Économie et des Finances chargé de la Fonction Publique, a appelé les participants à formuler des propositions concrètes, audacieuses et réalistes. Il a notamment mis en avant la nécessité de passer d’une logique centrée sur les concours à un système intégré de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.
Trois axes de réflexion pour structurer la réforme
Les travaux d’Abomey s’organisent autour de trois grandes thématiques. La première concerne le cadre stratégique, juridique et institutionnel du recrutement. Elle doit permettre d’examiner les règles en vigueur, d’identifier les éventuels blocages et de proposer les ajustements nécessaires à l’évolution du système. Le deuxième axe porte sur la transformation numérique et l’innovation. Il s’agit d’explorer les possibilités offertes par les outils numériques pour moderniser les procédures, améliorer leur efficacité et renforcer la gestion des candidatures.
Le troisième volet est consacré au financement, à la conduite du changement et à l’élaboration d’une feuille de route. Cette dimension doit contribuer à préciser les conditions de mise en œuvre des réformes envisagées et les étapes nécessaires à leur opérationnalisation. Le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances, Cossi Eric AÏNAMON, a présenté cette démarche comme une exigence visant à optimiser et à sécuriser le système de recrutement afin de bâtir une administration moderne, transparente, équitable et performante. Les participants sont ainsi appelés à examiner le mécanisme existant sans complaisance et à identifier des solutions adaptées aux contraintes de l’État.
La qualité des agents au centre des préoccupations
Au lancement de l’atelier, le Préfet du Zou a, pour sa part, insisté sur l’importance de la qualité des ressources humaines dans le fonctionnement des services publics. Il a appelé à accorder une attention particulière à la conscience professionnelle et à la responsabilité des agents une fois recrutés. Cette préoccupation rappelle que la modernisation du recrutement ne saurait se limiter aux conditions d’accès à la fonction publique. Elle suppose également de mieux faire correspondre les compétences des agents aux besoins des administrations et de renforcer les exigences de performance dans l’exercice des missions publiques. Les conclusions attendues de l’atelier devraient contribuer à préciser les contours d’un nouveau dispositif de recrutement. Leur portée dépendra toutefois des propositions retenues, des arbitrages opérés par les autorités et de la mise en œuvre effective des mesures qui seront jugées pertinentes.
À Abomey, la réflexion engagée vise ainsi à poser les bases d’une fonction publique capable d’attirer les compétences nécessaires, de mieux maîtriser les coûts de recrutement et de répondre plus efficacement aux exigences de modernisation de l’État.
Grant-Aniel BOLARIAN