Selon les données de la BCEAO, les recettes budgétaires globales de l’Union se sont établies à 25.396,5 milliards de francs CFA, soit une progression de 13,3 % par rapport à l’année précédente. Cette performance est principalement tirée par les recettes fiscales, qui atteignent 22.160,5 milliards de francs CFA, en hausse de 13,7 %. Une évolution qui traduit à la fois la résilience de l’activité économique et les efforts renforcés de mobilisation des ressources internes par les États membres. Le taux de pression fiscale s’inscrit également dans cette dynamique, passant de 14,4 % en 2024 à 14,9 % en 2025, signe d’une amélioration progressive des capacités de collecte. Parallèlement, les appuis extérieurs demeurent significatifs. Les dons ont enregistré une hausse marquée de 28,1 %, pour s’établir à 1.223,4 milliards de francs CFA, confirmant le maintien de la confiance des partenaires techniques et financiers.
Du côté des dépenses, la tendance reste orientée à la hausse, bien que contenue. Les dépenses totales et prêts nets ont atteint 32.189,9 milliards de francs CFA, en progression de 5,0 %. Cette évolution est principalement imputable à l’augmentation des dépenses courantes, notamment : la masse salariale, liée aux recrutements et avancements dans la fonction publique ; les dépenses de fonctionnement ; les charges d’intérêts sur la dette publique, en hausse de 12,9 %. Si ces dépenses traduisent les efforts des États pour renforcer leurs capacités administratives, elles introduisent également une certaine rigidité budgétaire. En revanche, les dépenses en capital connaissent un léger recul, révélant un ralentissement des investissements publics dans certains pays de l’Union.
Malgré la pression sur les dépenses, le solde budgétaire global s’améliore sensiblement. Le déficit est ramené à 5.559,9 milliards de francs CFA en 2025, soit 3,7 % du PIB, contre 5,4 % en 2024. Cette réduction témoigne des efforts d’ajustement budgétaire engagés par les États membres, dans le respect des critères de convergence régionale. Elle constitue également un signal positif adressé aux investisseurs et partenaires financiers, dans un contexte où la discipline budgétaire demeure un enjeu majeur.
Pour couvrir leurs besoins de financement, les États de l’UEMOA ont intensifié leur présence sur le marché régional de la dette. En 2025, les ressources mobilisées ont atteint 15.105,2 milliards de francs CFA, soit une hausse spectaculaire de 61,5 %. Les émissions ont été dominées par les obligations du Trésor, avec une préférence marquée pour les maturités de trois et cinq ans, traduisant une stratégie d’endettement orientée vers le moyen terme.
L’évolution des conditions de financement sur le marché régional reste contrastée. Si les taux d’intérêt des bons du Trésor ont enregistré une baisse au dernier trimestre 2025, en lien avec une meilleure liquidité bancaire, les rendements obligataires ont, quant à eux, légèrement augmenté, reflétant des tensions sur certaines maturités. Ces fluctuations traduisent un environnement financier encore marqué par les incertitudes internationales.
L’encours de la dette publique de l’Union s’élève désormais à 93.622,9 milliards de francs CFA, en progression de 6,7 % sur un an. Toutefois, rapportée au PIB, la dette recule de 64,7 % à 63,0 %, signe d’une amélioration relative de sa soutenabilité. Mais le principal point de vigilance demeure le poids du service de la dette, qui représente désormais 69,4 % des recettes fiscales, contre 64,5 % en 2024. Une évolution qui souligne la pression croissante exercée par les charges d’endettement sur les finances publiques.
Les financements extérieurs continuent de jouer un rôle déterminant dans l’équilibre budgétaire des États membres. En 2025, près de 9.000 milliards de francs CFA ont été mobilisés auprès de partenaires internationaux. Certains pays, dont le Bénin, ont également bénéficié de décaissements dans le cadre de programmes économiques appuyés par des institutions financières internationales, renforçant ainsi leur capacité de financement.
En définitive, les finances publiques de l’UEMOA affichent une amélioration tangible, portée par une mobilisation accrue des recettes et une meilleure maîtrise du déficit. Néanmoins, la hausse continue des dépenses courantes et le poids du service de la dette imposent une vigilance accrue. Dans un contexte international incertain, la consolidation budgétaire devra s’accompagner d’une relance soutenue de l’investissement productif pour garantir une croissance durable et inclusive.
Grant-Aniel BOLARIAN