Conçu comme une déambulation progressive à travers plusieurs salles, “DOXAMI” plonge le public dans un univers où sons, images, vidéos, installations participatives et œuvres créatives s’entremêlent. Chaque espace raconte une histoire : celle des tabous liés à la sexualité, des grossesses non désirées, des avortements à risque et de la stigmatisation qui accompagne souvent les femmes dans leur quête d’accès à des soins reproductifs sécurisés. L’exposition ambitionne de faire ressentir, plus que de simplement montrer. À travers des dispositifs interactifs, les visiteurs sont confrontés à des fragments de vie, des récits chuchotés ou criés, des regards brisés ou déterminés. Le but : faire toucher du doigt la réalité de milliers de femmes, souvent invisibilisée par les normes sociales ou la peur du jugement.
Le lancement réunit une diversité d’acteurs : responsables institutionnels, organisations de la société civile, artistes contemporains, leaders communautaires et jeunes engagés. Au-delà de l’expérience artistique, “DOXAMI” se veut un forum où se croisent les voix et les perspectives, un lieu où les silences se brisent et où les préjugés s’interrogent. Durant les jours à venir, des visites guidées, des conversations publiques et des animations participatives permettront d’approfondir les discussions autour des droits reproductifs, du cadre légal béninois, des stéréotypes de genre et des freins sociaux qui persistent, malgré les avancées.
L’un des objectifs majeurs de l’événement est de sensibiliser les communautés locales sur l’importance d’un accès équitable aux services de santé sexuelle et reproductive, y compris l’accès à une interruption volontaire de grossesse sécurisée dans les conditions prévues par la loi. L’exposition cherche aussi à renforcer la capacité des jeunes et des leaders communautaires à reconnaître les mécanismes de stigmatisation et à promouvoir des environnements favorables, où dialogue et information remplacent la peur et la culpabilité. Les organisateurs comptent également recueillir les réactions, témoignages et propositions des visiteurs. Toutes ces contributions viendront nourrir les plaidoyers locaux et nationaux pour réduire la mortalité maternelle liée aux avortements non sécurisés, un fléau encore présent dans de nombreuses régions du pays.
Avec “DOXAMI”, JVS ne propose pas une simple exposition : c’est un appel à la conscience, une expérience qui secoue, interroge et rassemble. À travers l’art, le collectif espère ouvrir des chemins nouveaux vers un dialogue plus apaisé et plus lucide autour des droits reproductifs. L’accès est libre et gratuit, un choix assumé pour garantir que chaque voix, chaque regard, chaque expérience puisse trouver sa place dans ce moment de réflexion collective.