Dès l’ouverture des travaux, le ton a été donné : il ne s’agit pas d’un colloque académique classique, mais d’un espace d’échanges horizontaux où savoirs ancestraux, réflexions contemporaines et expériences communautaires se croisent et s’enrichissent mutuellement. L’eau y est abordée comme principe vital, entité spirituelle, fait social et source d’inspiration artistique, révélant la profondeur de sa place dans les traditions africaines. En effet, pour explorer cette thématique majeure, les travaux s’articulent autour de trois panels complémentaires, chacun animé par une personnalité reconnue dans son domaine : la dimension spirituelle et religieuse de l’eau, conduite par l’Abbé Nestor ATTOMATOUN, a permis de revisiter la symbolique de l’eau dans les rites, les croyances et les pratiques spirituelles africaines, où elle apparaît tour à tour comme élément de purification, de médiation avec l’invisible et de régénération. La dimension culturelle et sociale de l’eau, animée par SOUNNOUVOU S. Hubert, a mis en lumière le rôle de l’eau dans l’organisation des communautés, la transmission des valeurs, la structuration des territoires et la gestion collective des ressources vitales. La dimension artistique, critique et universelle de l’eau, portée par Appolinaire CHINA, a ouvert une réflexion sur l’eau comme matière d’expression artistique, objet de critique sociale et symbole universel reliant les peuples au-delà des frontières culturelles.
En outre, la présence de délégations issues de plusieurs pays confère à cette Université de la Nature une dimension résolument internationale. Les échanges témoignent d’une volonté partagée de réconcilier modernité et traditions, science et spiritualité, dans un contexte mondial marqué par les crises environnementales et la raréfaction des ressources en eau. Fidèle à l’esprit africain de partage, ce colloque est aussi une célébration de l’identité culturelle. En marge des communications scientifiques et des débats, les participants découvrent et savourent les mets locaux, véritables expressions du lien intime entre l’homme, la nature et la culture. Une manière concrète de rappeler que la promotion des savoirs va de pair avec la valorisation des patrimoines culinaires.
À travers l’Université de la Nature, GRABE-BÉNIN ONG offre ainsi un espace où l’eau n’est pas seulement étudiée, mais honorée, interrogée et célébrée comme un pilier fondamental de la vie, de la mémoire et de l’avenir des sociétés africaines.
Tchékpémi Jacques AHOUANSOU