N’ART’UREL 2026 : La forêt remplace les galeries et musées

N’ART’UREL 2026

La forêt remplace les galeries et musées

(4.0)

Dans la fraîcheur végétale de la forêt classée de Pahou, située au cœur de la cité historique de Ouidah, l’art a repris langue avec la nature. Ce lundi 5 janvier 2026, une conférence de presse tenue en pleine forêt a officiellement lancé la deuxième édition de N’ART’UREL, une initiative audacieuse qui réconcilie, de manière intentionnelle, les arts plastiques et l’environnement vivant et la valorisation des divinités endogènes. En harmonie avec les ODD N°15 et N°16, cette initiative est soutenue par la galerie Valois, l'ADAC et le Ministère du Cadre de vie.

La rencontre était dirigée par Dominique Zinkpè, Président du Collectif des Artistes du Bénin (CAB) et initiateur du projet N’ART’UREL, aux côtés de l’Adjudant Léandre ABONTCHI, Chef de Section à la Cellule d’Aménagement de la Forêt de Pahou. Un duo symbolique : l’artiste et le forestier, la création et la conservation, la vision et la responsabilité.

La forêt comme muse, matière et message

Plus qu’un simple lieu d’exposition, la forêt classée de Pahou — précisément le site d’Ahozon — devient ici actrice du projet. Dans le cadre des Vodoun Days qui se tient à Ouidah du 08 au 10 janvier 2026, une trentaine d’artistes contemporains béninois ont investi cet espace sacré avec plus de 100 œuvres : peintures, photographies, sculptures en fer, en bois et en pierre. Il s'agit entre autres de Marius Dansou, Azébaba, Charly Djikou, Charly d'Alméida  Remi Samuz, Marius Tchiakpè ainsi des artistes étrangers.

Les thématiques explorées font un focus particulier sur les divinités du Bénin, notamment celles liées aux forêts. Dans l’imaginaire endogène, Aziza, esprit de la forêt, muse invisible et initiatrice, inspire et veille sur les artistes comme sur les arbres. Une croyance ancestrale qui trouve ici une traduction plastique, contemporaine.

Presque toutes les disciplines des arts plastiques sont représentées, faisant de N’ART’UREL une exposition collective immersive, où chaque œuvre dialogue avec le vivant, le silence, la lumière filtrée par les feuillages.

 

Inauguration, vernissage et transmission

 

La cérémonie officielle de vernissage aura lieu le mercredi 7 janvier 2026 à 15h, toujours dans la forêt classée de Pahou. Un moment fort, à la fois artistique et symbolique, marquant l’ouverture officielle de l’exposition au public.

Fidèle à sa vocation pédagogique et inclusive, N’ART’UREL ouvre également ses portes aux élèves et étudiants, à travers des ateliers créatifs encadrés. L’objectif est clair : éveiller les consciences dès le plus jeune âge, transmettre par l’expérience, faire toucher du doigt le lien entre création humaine et équilibre écologique.

Des médiateurs culturels et forestiers assureront par ailleurs des visites guidées, permettant au public de mieux comprendre les œuvres, mais aussi les enjeux de la préservation de cet écosystème.

 

Conférence-débat : penser l’art face aux défis de la forêt

Temps fort intellectuel du programme, une conférence-débat est annoncée autour du thème :

« Les Muses de la forêt : quels défis pour les plasticiens ? »

Deux invités de marque nourriront la réflexion :

Medagbé Cocou Abalo, journaliste, écrivain, expert consultant et spécialiste de la métaphysique de l’art ; Flora Laetitia GNELE épouse FALADE, cadre à la retraite de l’ex-Direction de la Promotion Artistique (DPAC) et superviseure des classes culturelles en arts plastiques.

La modération sera assurée par Rodéric Dedegnonhou, journaliste culturel, encadreur culturel, Secrétaire Général du CAB et membre du staff du projet N’ART’UREL.

Au-delà des mots, il s’agira de poser une question essentielle : quelle est la responsabilité de l’artiste dans un monde où la nature est menacée ?

 

Un rendez-vous culturel, écologique et touristique

 

L’exposition est libre et gratuite, pensée comme un espace de rencontre entre les populations béninoises et les visiteurs étrangers. Les touristes présents au Bénin dans le cadre des Vodoun Days sont invités à découvrir N’ART’UREL, aussi bien à l’aller qu’au retour de leur parcours spirituel et culturel.

Car N’ART’UREL porte une ambition claire : conscientiser la population béninoise aux bonnes pratiques de préservation de l’environnement, non par des discours moralisateurs, mais par la force sensible de l’art.

Ici, la forêt ne se visite pas seulement. Elle se contemple, se respecte, s’écoute. Et à travers chaque œuvre, elle rappelle une vérité simple : protéger la nature, valoriser notre culture et notre patrimoine touristique, c’est préserver notre propre humanité.

L’ambition de N’ART’UREL ne s’arrête pas à l’événementiel. À long terme, certaines œuvres — celles qui résisteront au temps, à l’humidité, au soleil, au vent et aux aléas naturels — seront maintenues et exposées durablement au sein de la forêt.

 

Adjé Henri MORGAN

3.5/5

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Brice HAL

2 jours

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