L’ouverture des travaux a été assurée par le Directeur de Cabinet du Ministre du Travail et de la Fonction Publique, Victorin V. HONVOH, représentant la Ministre Adidjatou MATHYS, aux côtés du Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé, Pétas Enagnon AKOGBETO, envoyé spécial du Ministre Benjamin HOUNKPATIN. La Caisse Nationale de Sécurité Sociale, représentée par le Dr Raïssatou AMI-TOURÉ, a insisté sur l’impératif de renforcer la prévention dans tous les secteurs professionnels, afin d’endiguer durablement les risques. En effet, le congrès a réuni 354 participants issus de 16 pays, dont des médecins du travail, universitaires, ingénieurs, spécialistes QHSE, syndicalistes, acteurs du secteur privé et experts internationaux. Son agenda scientifique a mobilisé une expertise dense avec 21 conférences, 2 panels de haut niveau, 1 symposium, 67 communications orales et 22 affichées. La rigueur académique, la qualité des échanges et la diversité des profils ont permis d'aborder, de façon transversale, des domaines clés : exposition aux risques industriels, ergonomie, gouvernance institutionnelle, santé mentale, surveillance médicale, risques environnementaux, données statistiques et recherche.
Dans son rapport final, le Professeur Mênonli ADJOBIMEY a souligné la nécessité d’un basculement stratégique : la prévention demeure fragile, sous-documentée et peu structurée. Faible production scientifique, absence de bases de données complètes, capacités techniques insuffisantes : les constats sont connus, les réponses désormais posées. L’événement, voulu comme une première brique, invite désormais à instituer un véritable système de veille, fondé sur la collecte, la publication et l’analyse des données de terrain. Le président de la SOBEST, Antoine Vikkey HINSON, a salué la richesse des travaux et confirmé qu’un retour d’expérience sera effectué dans un délai d’un à deux ans. En amont, le premier cours international d’épidémiologie et d’évaluation des risques professionnels et environnementaux a réuni 39 participants au Centre National Hospitalier Universitaire de Pneumothésiologie. Des enseignants du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Canada et des États-Unis ont fait de cette session une expérience pionnière, appelée à se pérenniser. En clôture, la représentante de la Ministre, Dr Lucile BEDIE TOÏHEN, a salué la portée stratégique de cette rencontre. Selon elle, ce congrès confère aux professionnels « un capital intellectuel renforcé » essentiel pour soutenir l’objectif du travail décent dans les États africains. Elle a proposé la création d’un comité de suivi des recommandations, afin de garantir leur mise en œuvre et la consolidation d’un système durable de prévention.
Ce premier congrès international de la SOBEST marque une étape majeure, non seulement pour le Bénin, mais pour tout le continent. Les conclusions adoptées traduisent une volonté commune : inscrire définitivement la santé au travail dans les priorités publiques, renforcer les dispositifs de surveillance et faire de la prévention une valeur structurante du développement économique africain. À l’unisson, experts, institutions et partenaires internationaux ont reconnu l’urgence de bâtir une culture solide et partagée de la sécurité au travail. La SOBEST annonce déjà la préparation d’une nouvelle édition, pour évaluer les progrès et mesurer l’impact des recommandations.
Cadnel ADEBAYO