.Aperçu global du sous-secteur pharmaceutique
Tout d’abord, il convient de souligner que le sous-secteur pharmaceutique ne se limite pas qu’aux médicaments. Il repose sur une organisation complexe et coordonnée, mobilisant plusieurs acteurs ayant un objectif commun: celui de garantir à la population béninoise un accès équitable à des médicaments sûrs, efficaces, de qualité et financièrement accessibles.
Ce dispositif s’appuie sur divers acteurs, notamment : les pharmacies de ville et les pharmacies hospitalières, qui sont chargées de la dispensation des médicaments aux patients ; les grossistes-répartiteurs privés, qui assurent l’approvisionnement régulier des pharmacies; la Société béninoise pour l’approvisionnement en produits de santé, communément appelée SoBAPS, qui assure la disponibilité des médicaments et des produits de santé au sein des formations sanitaires publiques ; l’Agence nationale de Contrôle de Qualité des produits de santé et de l’eau, communément appelée ANCQ qui, comme son nom l’indique, est en charge de la mise en œuvre du contrôle qualité des produits de santé et de l’eau ; et l’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé, communément appelée ABMed, qui délivre notamment les autorisations de mise sur le marché et les autorisations de création des établissements pharmaceutiques, et veille également au respect des normes pharmaceutiques.
L’efficacité de l’ensemble de ce dispositif repose sur une gouvernance rigoureuse, une coordination étroite et un contrôle permanent de ces acteurs, assurés par le Ministère de la Santé et par l’Autorité de régulation du secteur de la santé, à travers le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique.
Comment a été créé le CS-SSP et quel est concrètement son rôle ?
En effet, vous conviendrez qu’au regard de la complexité du secteur et du nombre d’acteurs impliqués, il était indispensable de mettre en place un mécanisme rigoureux de coordination et de suivi. C’est précisément le rôle que joue le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique qui représente l’organe stratégique de régulation du sous-secteur pharmaceutique. Il a donc pour mission d’assurer une régulation efficace, cohérente et transparente du sous-secteur pharmaceutique. Il est important de rappeler que le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique a été mis en place en septembre 2022, dans le cadre des réformes engagées sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Patrice TALON, Président de la République, afin de renforcer durablement le système de santé.
Le Conseil de surveillance agit comme une instance stratégique de contrôle, d’analyse et de proposition, en évaluant la performance et l’efficacité du sous-secteur pharmaceutique afin de formuler des recommandations visant à renforcer sa gouvernance et son efficacité globale.
Concrètement, son action s’articule autour de quatre axes majeurs : l’orientation et le contrôle des activités des institutions du sous-secteur, l’exercice du rôle d’instance de recours, la réflexion sur l’évolution du sous-secteur pharmaceutique et la coordination de la lutte contre les faux médicaments.
Orientation et contrôle
Le premier axe majeur des activités du Conseil de surveillance est son rôle d’orientation et de contrôle, à travers lequel il veille à la bonne mise en œuvre des missions confiées aux autres structures clés du sous-secteur pharmaceutique, notamment l’Agence béninoise du médicament et la Société béninoise pour l’approvisionnement en produits de santé. Cette mission lui a été confiée afin de s’assurer que : les médicaments et autres produits de santé distribués sur le territoire national répondent aux normes de qualité et de sécurité ; et que ces produits de santé sont disponibles et accessibles, sur l’ensemble du territoire dans les structures formelles dédiées.
Dans ce cadre, le Conseil de surveillance effectue régulièrement des missions sur le terrain pour apprécier les performances des structures, identifier les difficultés rencontrées et recommander des actions d’amélioration continue au bénéfice des usagers du système de santé.
Rôle d’instance de recours
Le deuxième axe majeur des activités du Conseil de surveillance porte sur son rôle d’instance de recours renforcé par la mise en place d’un cadre d’échanges réguliers avec les acteurs du sous- secteur pharmaceutique. À ce titre, il reçoit et traite les saisines de ces acteurs, et contribue à la résolution des problématiques en analysant les dysfonctionnements et les préoccupations exprimées, dans un esprit de concertation entre les différentes parties prenantes. Sur cette base, il formule ensuite des recommandations à l’attention du Ministre de la Santé, du Président de l’Autorité de régulation du secteur de la santé, ou encore du Président de l’Ordre national des pharmaciens.
Depuis sa création, 22 saisines ont été analysées et traitées par le Conseil de surveillance. Chacune a donné lieu à des recommandations ou des décisions concrètes dont le Conseil de surveillance assure le suivi.
Contribution au renforcement du cadre législatif et réglementaire et à l’évolution du sous-secteur pharmaceutique
Le troisième axe majeur des activités du Conseil de surveillance est sa contribution active à l’évolution du sous-secteur pharmaceutique, notamment par l’amélioration du cadre législatif et réglementaire, ainsi que par des réflexions prospectives visant à assurer une orientation stratégique et cohérente du sous-secteur.
Coordination de la lutte contre les faux médicaments
Enfin, le quatrième axe majeur des activités du Conseil de surveillance porte sur la coordination de la lutte contre les médicaments de qualité inférieure ou falsifiés, plus communément appelés faux médicaments, qui constituent une menace grave pour la santé publique.
Face à ce fléau, le Conseil de surveillance collabore étroitement avec l’Agence béninoise du médicament, la Police républicaine, la Douane et les autorités judiciaires. Cette coopération interinstitutionnelle structurée, qui positionne aujourd’hui le Bénin comme une référence régionale dans la lutte contre les faux médicaments, a permis le déploiement d’actions coordonnées au sein de chacune des structures concernées, renforçant significativement les mécanismes de contrôle et de répression.
Cette dynamique s’est traduite par une intensification notable des opérations sur le terrain, aboutissant à des résultats sans précédent en matière de saisies.
Les données relatives à l’année 2025 étant toujours en cours de consolidation, les informations disponibles à ce stade font état de la réalisation de plus de 150 opérations ayant permis la saisie de plus de 250 tonnes de faux médicaments.
Parallèlement aux actions répressives, des campagnes de sensibilisation sont régulièrement conduite sa fin d’informer les populations sur les risques sanitaires liés aux faux médicaments et de promouvoir des comportements responsables, notamment le recours aux circuits légaux de distribution.
Message à la population
Face au danger que représentent les faux médicaments, le Conseil de surveillance tient à rappeler avec insistance que ces produits mettent directement des vies en danger. En effet, ces produits peuvent : ne contenir aucun principe actif, rendant le traitement inefficace. ils peuvent ne contenir qu’une quantité insuffisante de principe actif, favorisant des complications ; ou renfermer des substances toxiques susceptibles de provoquer des maladies graves voire la mort. Nous invitons donc les populations à faire preuve de vigilance et de responsabilité en se procurant leurs médicaments exclusivement dans les structures pharmaceutiques autorisées, et en évitant systématiquement les médicaments vendus dans la rue ou dans des circuits informels.
En conclusion, le Conseil de surveillance du sous-secteur pharmaceutique est un acteur clé de la gouvernance du sous-secteur pharmaceutique. Il y exerce un rôle stratégique de régulation, visant à en renforcer la cohérence, la performance et l’efficacité globale.
Par ma voix, le Conseil de surveillance réaffirme donc son engagement à : renforcer la régulation du sous-secteur pharmaceutique ; et à accompagner les institutions vers une amélioration continue de leurs performances afin de garantir, avec l’ensemble des acteurs, un accès équitable aux populations, à des médicaments sûrs, efficaces, de qualité et accessibles sur l’ensemble du territoire national. il réaffirme également son engagement constant à contribuer activement à la lutte contre le trafic des faux médicaments.
Wendy J. KEDOTE