Léon Basile Ahossi, membre démissionnaire du parti d'opposition Les Démocrates
Léon Basile Ahossi craint une disparition du parti Les Démocrates (LD), avec l'annonce de la démission de Boni Yayi. La semaine dernière, dans une lettre adressée aux responsables du parti, l’ancien chef d’Etat informait de sa démission des fonctions de président à compter du 3 mars 2026. Il justifie sa décision par des raisons de santé.
Invité de l’émission Zone franche de Canal 3 Bénin, dimanche 8 mars 2026, l’ancien membre du parti LD, Léon Basile Ahossi estime que Boni Yayi aurait dû démissionner plus tôt. « Les conflits personnels entre le président Patrice Talon et lui paralysaient les activités du parti. C’était l’interlocuteur du parti face au président Talon. J’étais avec des collègues, on a estimé qu’il fallait qu’il recule pour qu’un autre parle avec Talon au nom du parti, il n’a pas voulu. ça nous a poussé dans trop de difficultés dont nous n’avons pu nous sortir. Je trouve que ça arrive un peu tard », a-t-il expliqué. Léon Basile Ahossi dit prendre avec des pincettes, les raisons de santé évoquées par Boni Yayi pour justifier son départ de la tête du parti.
Il reproche au président démissionnaire des LD d’avoir dirigé par dérogation. La gestion du parti, révèle Léon Basile Ahossi, Boni Yayi "l’a confié à l’un de ses lieutenants, l’ex-ministre Alassane Tigri, qui, politiquement, ne pouvait pas faire l’affaire."
L’autre reproche de l’ancien député est le manque d’ouverture d’esprit : ‘’Je peux dire qu’il (Boni Yayi) n’était pas souvent ouvert mais je mets un bémol en disant qu’il était mal entouré. Beaucoup de gens n’avaient pas le courage d’affronter le président Yayi de dire ceci est bien, cela est mauvais’’.
Président d'honneur à la création du parti Les Démocrates, Boni Yayi en est devenu le président en octobre 2023, à l'issue du premier congrès ordinaire du parti. Il succédait à ce poste à Eric Houndété, devenu vice-président. « Le président Boni Yayi, je le lui ai dit, il ne devrait pas postuler pour être président du parti. Président d’honneur, c’était très utile pour nous », a commenté Léon Basile Ahossi.
L’ex-membre LD dit voir désormais « un parti décapité » et qui tend « vers l'effondrement ».
Quelques heures avant la démission de Boni Yayi, son fils Chabi Yayi, secrétaire aux affaires étrangères des LD, avait mis fin à ses activités au sein du parti. « Ce qui me met dans des doutes c'est que les deux démissions arrivent le même jour. Ce n’est pas anodin », murmure Léon Basile Ahossi. Le 6 mars, la Coordination nationale du parti d’opposition rejeté la démission de Boni Yayi et envisage échanger avec lui à propos.
Grant-Aniel BOLARIAN