Conçu dans un contexte international tendu, marqué par la guerre en Ukraine, le conflit au Moyen-Orient et la hausse des tarifs douaniers américains, le budget 2026 tire également profit d’une croissance mondiale soutenue par les pays avancés et émergents. Sur le plan régional, le Bénin anticipe les défis sécuritaires au Sahel, la volatilité du Naira, tout en misant sur l’accroissement de la demande intérieure, portée par le transport, le tourisme, l’hôtellerie et le BTP. En effet, le document a d’abord présenté un bilan encourageant de l’année en cours : à fin septembre 2025, 73,6 % des ressources prévues ont été mobilisées, soit 2 613,2 milliards de FCFA, avec une prévision d’atteindre 99,7 % à la fin de l’année. Les dépenses exécutées s’établissent à 2 046,732 milliards de FCFA, contre 1 902,8 milliards en 2024, et devraient atteindre 2 766,8 milliards de FCFA, reflétant une consommation maîtrisée et efficace des fonds publics.
Cependant, le budget 2026 se veut stratégique, social et innovant. Il s’inscrit dans une politique budgétaire visant à consolider les leviers de croissance économique et sociale, à positionner le Bénin comme modèle de bonne gouvernance budgétaire, à assurer une gestion proactive de la dette publique et à renforcer les recettes fiscales grâce aux réformes et à l’optimisation des régies.
De nombreuses mesures fiscales et incitations économiques ont été initiées. On distingue l'ugmentation de 0,5 point de pourcentage du taux de contribution fiscale, le maintien des mesures incitatives pour soutenir les secteurs stratégiques, la poursuite de la digitalisation des procédures et lutte contre la fraude, les exonérations ciblées : véhicules neufs, aéronefs, équipements des PME, récipients à gaz, produits pétroliers, exportation de soja, etc. et le dispense de pénalités de retard pour les contribuables régularisant leur situation. Le budget prévoit également une augmentation des dépenses d’investissement de 19,9 %, avec pour priorité dans l'Éducation (manuels scolaires, infrastructures, gratuité pour les filles, cantines scolaires), dans le secteur de la Santé (hôpitaux de zone et centres spécialisés, CHIC de Calavi, CHUP d’Allada, programmes de vaccination, lutte contre le paludisme, santé maternelle, supplémentation nutritionnelle « 1000 jours »), dans le domaine des filets sociaux (microcrédits, GBESSOKE, ARCH), dans l'Agriculture et l'alimentation (filières priorisées (anacarde, soja, ananas, lait, œufs, riz), accès aux intrants et machines agricoles subventionnées, sédentarisation des troupeaux), dans le domaine des Infrastructures et de l'urbanisme (assainissement pluvial à Cotonou et villes secondaires, réhabilitation et bitumage des voiries urbaines et rurales, modernisation de la gestion des déchets, protection des zones côtières), puis dans le secteur de l'Énergie et l'environnement (autonomisation énergétique, sécurisation des approvisionnements, projets d’adaptation climatique).
Grosso modo, ce projet de loi de finances 2026 traduit une ambition claire : combiner croissance économique, protection sociale et modernisation des infrastructures. Il prévoit des mesures concrètes pour soutenir les ménages, renforcer l’efficacité de l’État et stimuler l’économie tout en préparant le pays aux défis futurs. En résumé, il s'agit d'un budget ambitieux qui consolide la trajectoire de développement du Bénin et confirme la volonté du Gouvernement de mettre la bonne gouvernance au cœur de la politique économique et sociale.