Dès 9 heures, Ouidah se déploie comme une immense scène rituelle. Places publiques, forêts sacrées et couvents deviennent les théâtres vivants d’une spiritualité pluriséculaire transmise de génération en génération. Cette matinée s’inscrit dans une dynamique pensée comme une Route des Couvents, un itinéraire initiatique révélant la richesse et la diversité du Vodun vivant. À la Place Maro, les sorties majestueuses des Egungun, de 9h à 12h, rappellent le lien indéfectible entre les vivants et les ancêtres. Masques, parures et chorégraphies codifiées captivent les regards et imposent le respect, tant la charge symbolique est forte. Sur l’Esplanade du Fort Français, les redoutables Zangbeto, gardiens mystiques de la nuit et de l’ordre social, assurent le spectacle de 9h à 11h, puis de 15h à 17h. Entre ces deux temps forts, de 11h à 13h, une représentation dédiée aux Terreiros du Brésil vient magnifier la continuité spirituelle entre le Bénin et sa diaspora afro-descendante, rappelant que le Vodun est un patrimoine sans frontières.
La Forêt sacrée de Kpassè, cœur mythique de la fondation de Ouidah, vibrera tout au long de la journée au rythme des divinités Thron, Hounvè, Kabada et Koku. Dans le même temps, le Temple Mami-Plage et le Couvent Sakpata accueilleront fidèles et curieux pour des cérémonies dédiées aux forces de l’eau et de la terre, symboles de vie, de guérison et d’équilibre. À partir de 19h, tous les chemins mènent à la Porte du Non-Retour, site hautement symbolique où se déroulera l’événement central des Vodun Days : la Grande Cérémonie Vodun. Ce moment solennel, à la fois spirituel, culturel et philosophique, s’ouvrira par un temps de théologie Vodun, destiné à rappeler les fondements universels de cette spiritualité : équilibre entre l’homme et la nature, continuité entre les générations, harmonie entre visible et invisible.
Moment le plus attendu de la soirée, la consultation du Tofâ, oracle sacré du Fâ, livrera ses prescriptions et messages pour l’année à venir. En 2025, le signe révélé avait auguré prospérité et stabilité ; en 2026, l’attente est immense, tant ce rituel incarne une boussole spirituelle pour la nation. La cérémonie se poursuivra avec la procession solennelle des couvents Vodun, véritable défilé sacré où chaque geste, chaque parure et chaque chant témoignent de la vitalité d’un héritage toujours vivant. Elle s’ouvrira ensuite au monde à travers la présentation du Vodun étranger, favorisant un dialogue spirituel entre les traditions africaines et celles issues de la diaspora, avant de s’achever par une grande prière œcuménique dédiée à la paix, à l’unité et à la prospérité collective. À partir de 22 heures, la spiritualité cède la place à une célébration populaire intense sur la plage de Ouidah. Les spectateurs seront emportés par une série de spectacles culturels traditionnels mettant en lumière des rythmes emblématiques du Bénin : Akonhoun, Kaka, Gangan et Gogo. Percussions puissantes, danses envoûtantes et chants rituels racontent l’histoire des peuples, leurs joies, leurs luttes et leur résilience. Pour clore cette nuit d’exception, un grand concert de musique traditionnelle réunira sur scène Rico’s Campos et Anna Fambo. Leurs performances promettent une communion totale avec le public, dans une atmosphère de partage, de fierté identitaire et de célébration collective.
Portés par la vision gouvernementale et la marque-pays « Bénin, un Monde de Splendeurs », les Vodun Days bénéficient d’un dispositif logistique rigoureusement pensé. La ville de Ouidah est entièrement piétonne, avec des navettes gratuites assurant la liaison entre les parkings périphériques de la Route des Pêches, du Parking Y et de Vasseho, et les différents sites d’animation. L’accès à l’ensemble des manifestations est gratuit, avec toutefois la possibilité de se procurer des pass VIP donnant droit à des espaces privilégiés et à des services exclusifs. Tel un fleuve sacré rejoignant l’océan, cette journée du 09 janvier 2026 concentre toutes les énergies du Vodun, pour les offrir au monde dans un moment rare où spiritualité, mémoire et joie collective ne font plus qu’un.