Cette visite intervient dans un contexte de vigilance accrue en Afrique de l’Ouest, marqué, selon les informations communiquées, par le signalement d’un premier cas au Nigeria. Pour les autorités sanitaires béninoises, l’enjeu consiste à renforcer les capacités de détection et de réaction afin de limiter les risques d’introduction du virus sur le territoire national.
L’aéroport de Cotonou au cœur de la surveillance
Au cours de sa visite, le ministre de la Santé a passé en revue les équipements et les installations destinés à faciliter l’identification rapide de cas suspects. Le dispositif comprend notamment des caméras thermiques positionnées à des endroits stratégiques du hall des arrivées, ainsi que des salles d’isolement aménagées et équipées lors de précédentes crises sanitaires. Ces installations doivent permettre de repérer les voyageurs présentant des signes nécessitant une évaluation médicale, puis d’organiser, si nécessaire, leur prise en charge et leur transfert conformément aux protocoles sanitaires en vigueur. Leur efficacité dépend toutefois de la vigilance du personnel, de l’application des procédures et de la coordination entre les services aéroportuaires et les équipes de santé. La visite a également porté sur les aménagements à prévoir dans le nouveau hall de l’aéroport en construction. Les échanges avec les responsables aéroportuaires ont notamment concerné l’intégration de dispositifs sanitaires renforcés dans cette infrastructure, afin de maintenir la surveillance des voyageurs et d’améliorer les capacités de réaction en cas de suspicion. Cette séance de travail a permis d’aborder les modalités de collaboration entre les équipes sanitaires et les responsables de l’aéroport. L’objectif est de consolider un cadre opérationnel permettant une circulation rapide de l’information et une réponse coordonnée face à toute situation présentant un risque sanitaire.
La coordination multisectorielle mobilisée
Au-delà des frontières aéroportuaires, le ministère de la Santé a également mobilisé les commissions techniques de la plateforme multisectorielle « One Health », qui repose sur une approche intégrée de la santé humaine, animale et environnementale. Des séances de travail réunissent les équipes techniques des ministères concernés et les partenaires techniques et financiers afin d’harmoniser les dispositions relatives à la surveillance, à la prise en charge des cas suspects et aux autres mesures de prévention. Cette coordination vise à assurer une réponse cohérente entre les différents secteurs impliqués dans la gestion des risques sanitaires.
La surveillance aux points d’entrée, la préparation des structures de prise en charge et la collaboration entre les institutions constituent ainsi les principaux axes du dispositif présenté par les autorités béninoises. L’objectif est de renforcer les capacités nationales de détection précoce et de réaction face à une éventuelle introduction de la maladie à virus Ebola.
Ibourahim Abdou GIBRIL