La cité des cavaliers émérites a offert, ce 25 août 2026, un visage des grands jours. Au cœur des festivités de la Gaani, édition 2026, la ferveur populaire le dispute à la solennité des rites ancestraux. C'est dans ce décor empreint d'histoire que le chef de l'État, Romuald Wadagni, a fait son entrée officielle, scellant par un acte fort le dialogue permanent entre les institutions de la République et la tradition séculaire du Borgou.
Le « Sounon Torou Touko Sari », symbole de rassemblement
Point d'orgue de cette visite présidentielle .
L'audience en tête-à-tête accordée au chef de l'État par l'Empereur de Nikki, Sa Majesté Séro Torou Tuko Sari, au sein même du palais royal. Au terme de cet huis clos empreint de confidences et de sagesse, le souverain a conféré au président béninois une distinction des plus prestigieuses. Dorénavant, le chef de l’État portera l’appellation traditionnelle de « Sounon Torou Touko Sari », traduite littéralement comme « le Souverain rassembleur ».Plus qu'un simple titre honorifique, cette élévation au rang de prince de la Cour impériale est chargée de symboles. Elle traduit la reconnaissance de l'engagement des autorités pour la préservation du patrimoine national et témoigne de la solidité des liens unissant le pouvoir central aux gardiens de la tradition. Un présent a également été remis au président de la République, scellant ce pacte de confiance et d'estime mutuelle.
De la cour royale aux repères de la cohésion sociale.
Fidèle au protocole de cette immersion culturelle, le président de la République n'a pas manqué de prolonger sa visite au cœur de la cour royale en se rendant auprès de la reine de Nikki. Cette démarche souligne l'importance accordée aux piliers féminins de la royauté dans la régulation sociale et la transmission des valeurs identitaires. Cette année, la Gaani revêt une coloration particulière, marquée par une implication accrue de l'État dans son organisation et sa valorisation. Pour les peuples Baatonu, Boo et leurs communautés alliées, cet événement majeur dépasse le cadre des réjouissances festives. Il s'affirme comme un ciment puissant de cohésion sociale, un mémorial vivant de l'histoire commune et un rempart contre l'oubli des racines ancestrales. Alors que les manifestations culturelles et les parades équestres s'apprêtent à battre leur plein durant plusieurs jours, Nikki s'impose plus que jamais comme le carrefour incontournable de l'unité nationale et de la diplomatie culturelle au Bénin.
Ibourahim Abdou GIBRIL