Une instance directement rattachée à la présidence
Placée auprès du Président de la République, cette structure est chargée de l’orientation stratégique, du pilotage et du suivi de la transformation numérique de l’État. Elle doit contribuer à l’harmonisation des initiatives engagées par les différentes administrations et veiller à leur articulation avec la stratégie nationale. Le Comité aura également pour mission d’identifier les évolutions technologiques susceptibles d’influencer l’avenir du Bénin, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Il devra attirer l’attention des autorités sur les possibilités offertes par ces innovations, mais aussi sur les risques qu’elles peuvent entraîner pour les institutions, l’économie et la sécurité nationale. Cette fonction de veille doit permettre aux pouvoirs publics de mieux anticiper les mutations technologiques et d’adapter leurs décisions aux nouveaux enjeux du numérique.
Les grands projets numériques soumis à un examen préalable
L’une des principales prérogatives du Comité concerne les projets numériques structurants de l’État. Selon les dispositions du décret, il émettra un avis préalable sur ces projets, ainsi que sur les partenariats stratégiques et les accords-cadres technologiques susceptibles d’engager la souveraineté numérique nationale. Cette disposition vise à renforcer la cohérence des choix technologiques publics et à mieux prendre en compte leurs implications stratégiques. Elle doit également contribuer à prévenir la dispersion des initiatives et à favoriser une meilleure coordination entre les structures intervenant dans la transformation digitale. Le Comité est, par ailleurs, chargé de suivre l’exécution des projets et des réformes numériques, d’apprécier les performances des structures publiques concernées et de proposer des mesures correctives lorsque les résultats attendus ne sont pas obtenus. Il pourra notamment recommander l’accélération, la réorientation ou, le cas échéant, l’arrêt de projets qui ne produisent pas les effets escomptés.
Cybersécurité et protection des données stratégiques
La sécurisation des infrastructures numériques critiques et la protection des données de souveraineté constituent un autre volet majeur de ses attributions. Le Comité devra suivre les décisions relatives à ces enjeux et apprécier les performances des structures publiques engagées dans la sécurité numérique, notamment dans la lutte contre les cyberattaques. Sa composition traduit cette volonté de coordination. Présidé par le chef de l’État ou son représentant, il comprend notamment le Ministre chargé de la Transformation digitale et de l’Innovation, les Directeurs Généraux de l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique (ASIN), du Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) et de l’Agence Nationale de Cybersécurité et de Résilience (ANCR). Trois personnalités choisies pour leurs compétences en transformation digitale et en sécurité numérique complètent cette composition. Leur mandat est fixé à trois ans, renouvelable une fois, selon les dispositions rapportées du décret.
Un suivi trimestriel des réformes et des investissements
Pour assurer le suivi opérationnel de ses décisions, le Comité s’appuiera sur un secrétariat permanent. Cette structure sera notamment chargée de suivre l’application des recommandations, de recueillir les informations transmises par les administrations concernées et de tenir à jour un tableau de bord des projets et réformes numériques. Actualisé chaque trimestre, cet outil doit permettre de suivre l’état d’avancement des initiatives, d’apprécier les résultats obtenus et de signaler les difficultés nécessitant des ajustements. Les ministères, agences et autres structures publiques concernés devront fournir les informations nécessaires au fonctionnement du dispositif et rendre compte des mesures prises. Le Comité se réunira en session ordinaire une fois par trimestre, avec la possibilité de tenir d’autres réunions lorsque les circonstances l’exigeront. Ses membres et les personnes associées à ses travaux seront soumis à des obligations de discrétion professionnelle et de confidentialité.
Avec cette nouvelle architecture institutionnelle, le Bénin renforce le pilotage de sa transformation numérique au sommet de l’État. La portée du dispositif se mesurera désormais à sa capacité à améliorer la coordination des administrations, à sécuriser les actifs numériques stratégiques et à garantir que les investissements technologiques publics répondent effectivement aux objectifs fixés.
Jean DOSSOU